Alors, je vais faire ma part…


« Terroriste,

je t’emmerde.

Je continuerai à vivre, à rire, à râler, à m’habiller comme je veux, à faire l’amour avec qui je veux, à écrire ce que je veux, à aller à Paris, à chanter la Marseillaise, à rêver, à penser, à aller au concert, à lire…

Nous continuerons à vivre et nous t’emmerdons.

Pas bisous

Fluctuat nec mergitur ! »

C’était samedi, les mots se bousculaient en moi, mêlant entre rage, pleurs, désespoir, colère. Et surtout la rage de vivre. Le poing levé, toujours.

Je suis une enfant des attentats

J’ai passé mon adolescence à Paris. En 1986, j’avais 13 ans. En 1995, j’avais 22 ans.

Aujourd’hui, je n’habite plus à Paris, mais j’ai, comme la plupart des Français, des connexions avec quelqu’un qui y vit, y travaille, y chante, y danse, y rit…

Comme beaucoup, je sais où j’étais le 11 septembre 2011. Puis le 7 janvier 2015.

Et maintenant le 13 novembre 2015…

Ce soir du 13 novembre, je n’ai pas su.

Voilà 3 ans que j’ai banni les infos de ma vie. Donc, je ne savais pas. J’ai bien dormi.

8h30. Fil Facebook. Le choc.

Sidération.

Impossible, pas encore, non pas encore.

Si. Encore.

C’est la colère qui monte en moi. La souffrance, la douleur qui éclatent comme une bombe nucléaire. Bombes humaines, bombes déshumanisées.

Brutalement, se retrouver en communion avec les être humains de France, les êtres humains du monde. Le monde qui s’effondre, à chaque fois.

Mais le monde qui se redresse, à chaque fois. Plus fort, je veux le croire, je dois le croire.

Je suis une enfant des attentats, mais je refuse de m’habituer.

Je ne veux pas me perdre dans des pourquoi sans fin…

Je n’ai pas peur, je n’ai plus peur.

Je fus une enfant, comme eux aussi furent des enfants. Je ne peux les comprendre, je ne veux pas les comprendre, que leurs gestes me restent incompréhensibles sera ma plus grande force.

J+3. J’ai du mal à travailler. J’ai même du mal à écrire. J’écoute de la musique qui pulse.

Depuis samedi, comme en janvier, tout semble insignifiant, tout semble vain. Et pourtant, c’est tout le contraire : tout compte, tout est essentiel. Chacune de nos petites vies joue son grand rôle.

Alors, nous reprendrons. L’écriture, la création. Nos vies.

Comme le colibri dont me parle Anne-Claire, je vais continuer à faire ma part. Je vais apprendre à mes enfants à faire leur part.

Écrire. Beaucoup.

Rire. À en perdre haleine.

Écouter, partager.

Manger, écouter de la musique, piapiater.

Rêver, espérer, imaginer, créer.

Nous t’emmerdons. Nous vivons.

Nous sommes debout.

9 Commentaires

  1. Je t’aime ma Morgane <3

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    • moi z’oci 🙂

      Répondre
    • comme tu dis ^^

      Répondre
  2. Oui, continuons à rire, jouer, chanter, écrire, danser, pleurer, parler, … à vivre !
    Merci pour tes mots,
    Bisous Mo’ <3

    Répondre
    • Oui, j’avais lu ton post. Tu étais au bon endroit… et moi je dormais du sommeil du juste ^^

      Répondre
  3. C’est malheureusement encore d’actualité. C’est angoissant tout ça 🙁

    Je n’ai pas plus de mots que ça…

    Répondre
    • Trop d’actualité…

      Répondre

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